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Pour un plan d'action à la hauteur de la crise énergétique

Dernière mise à jour : il y a 3 jours



Le plan de sobriété de la ville de Sèvres


Depuis l’annonce par la majorité municipale de son plan de sobriété énergétique, d’abord dans une communication en Conseil municipal le 29 septembre 2022, puis à la une du journal Le Sévrien de novembre 2022, nous n’avons cessé d’exprimer nos doutes quant à l’adéquation des mesures prises face au défi immense que représente la crise énergétique en France.


Quelles sont les mesures annoncées dans ce plan de sobriété :

  • La baisse d’un degré du chauffage dans les bâtiments de la ville.

  • La baisse de température de l’eau chaude sanitaire dans ces mêmes bâtiments

  • La réduction de la durée et de l’intensité de l’éclairage public.

  • La baisse de la température de la piscine et sa fermeture une semaine supplémentaire début janvier.

  • Une campagne de sensibilisation aux écogestes pour les agents municipaux.

On peut saluer la rapidité avec laquelle la majorité municipale a établi ce plan, mais regretter, dans le même temps, qu'il ne soit pas plus ambitieux ou innovant. C'est la simple application du Plan de sobriété conçu après l’été par le gouvernement et décliné au niveau des collectivités territoriales. A l’instar du plan de sobriété national, Sèvres espère, grâce à ces mesures, réduire de 10% la consommation d’énergie de la ville d’ici 2024. Cela sera-t-il suffisant pour absorber les augmentations des prix de l'énergie attendues dans les années qui viennent ? Nous en doutons. Et surtout, nous pensons que Sèvres a les moyens et doit faire mieux.

Une crise énergétique d'une ampleur inédite

Les hausses de prix du gaz et de l'électricité ont été jusqu'ici masquées par les mesures gouvernementales telles que le bouclier tarifaire, mais elles sont considérables : sur les marchés de gros, le prix de l'électricité a été multiplié par 10 en deux ans, et celui gaz par 5.



Même s'il est probable que le gouvernement continue, en 2023 et au-delà, à aider particuliers, entreprises et collectivités à se fournir dans des conditions de prix plus raisonnables, cela ne suffira pas à compenser les augmentations. La ville le sait. Le budget primitif 2022 qui nous a été présenté au mois d'avril, prévoit des dépenses totales d’énergie en augmentation de 56% par rapport à celui de 2021, passant de 700k€ à presque 1,1M€. Quel sera ce montant en 2023 *** et dans les années à venir si nous ne donnons pas la priorité à la réduction de nos consommations avec des mesures fortes et des moyens adaptés ?

On ne peut ignorer le monde dans lequel nous vivons désormais. Celui d'une énergie abondante et à bas coût est révolu et ne reviendra pas. La ville doit en prendre la mesure, et faire tout ce qui est en son pouvoir pour baisser ses consommations, particulièrement d’énergie fossile. Elle doit aussi rechercher toute possibilité de mettre en place des énergies renouvelables.


Il y va, en tout premier lieu, de la capacité de la ville à maintenir ses services. Mais il y va aussi de sa contribution à améliorer son bilan carbone et participer, à son niveau, à combattre le réchauffement climatique (Lire notre article prémonitoire écrit avant l'été à ce sujet).

Ce qui a déjà été fait à Sèvres


Sèvres ne limite pas son action aux quelques mesures annoncées dans son plan de sobriété. La municipalité, comme toutes les collectivités territoriales en France, s’est engagée depuis plusieurs années, dans un travail de réduction de sa consommation énergétique. Depuis les lois Grenelle de 2009 et 2010, en effet, de nombre de lois et décrets ont fixé, année après année, des objectifs de transition écologique. Le « Décret tertiaire » de 2019 issu de la Loi Elan impose ainsi aux collectivités d’avoir réduit la consommation des bâtiments publics de 40% d’ici 2030, de 50% d’ici 2040, et 60% d’ici 2050.


Sèvres s’est donc lancée depuis 2017, dans la mise en place d’éclairage LED dans les bâtiments municipaux. Elle a aussi entrepris la rénovation des écoles Gambetta A et B, là-encore sous la pression règlementaire, puisqu’il s’agissait d'abord de la mise aux normes d’accessibilité. La municipalité en a profité pour conduire des travaux d’isolation et d’amélioration de la performance énergétique qui servent les objectifs du Décret Tertiaire.

Selon Pascale Flamant, adjointe au maire en charge de la transition écologique et des mobilités, qui s'adressait au conseil municipal le 24 novembre dernier en réponse à notre proposition de création d'un groupe de travail sur cette question, nous aurions fait « presque la moitié du chemin » et « il nous reste un peu plus de 25% à faire ».

Est-ce vraiment de nature à nous rassurer ? L'année de référence choisie par Sèvres semble être 2014. Fin 2022, nous sommes à plus de la moitié du chemin en durée mais pas en résultat. Côté éclairage nous serons bientôt à 100% de LED donc plus rien à "gratter" à l'avenir. Coté travaux d'isolation, combien d'années se seront écoulées entre la décision de rénover Gambetta et sa réalisation. Or, nous n'avons pas connaissance de nouveaux projets de travaux de cet ordre dans d'autres bâtiments, si ce n'est la construction du nouvel espace musical du 111 rue de Bruyères.

Lors de la même séance du 24 novembre 20222 du Conseil Municipal, nous avons pris connaissance du contrat de développement Département - Ville qui fixe, en particulier, le montant des participations financières du département aux travaux de la ville sur une période triennale (2022 – 2024). Il n’est fait état dans ce contrat d’aucun projet visant à réduire la consommation énergétique d’autres bâtiments existants que celui, déjà en cours, des écoles Gambetta. En matière de consommation des bâtiments publics, nous sommes donc en route vers les objectifs fixés par l'état, sans certitude de les atteindre, et sachant qu'ils relèvent d’une loi de 2018 (Elan) qui n’avait imaginé ni la guerre en Ukraine, ni l'explosion des prix de l'énergie et les risques de pénuries. Est-ce suffisant ?


Une Convention Citoyenne Locale pour l’Énergie et le Climat


La crise énergétique est là pour durer. Elle nous met face à un défi inédit. On ne peut se contenter d'y répondre avec des mesures de simple réduction d’éclairage ou de chauffage, qui, sont par essence limitées (jusqu’où pourrons-nous baisser l’éclairage et le chauffage publics ?) et qui pèsent principalement sur les usagers. Il faut des mesures structurelles fortes à la hauteur des enjeux.


La ville de Sèvres a la chance d'être riche. 20 millions d’euros attendent dans ses caisses le démarrage, maintes fois repoussé, d’un projet pharaonique de centre-ville. Avec l’inflation croissante qui nous touche que vaudront ces 20 millions d’euros quand le projet sera enfin prêt. Combien faudra-t-il dépenser en plus pour le réaliser ? Les temps ont bien changé depuis le lancement de ce projet en 2016. N'est-il pas opportun d'en réévaluer la pertinence, réduire son périmètre et ainsi libérer des fonds pour construire un avenir qui protège les Sévriennes et Sévriens ?


La gravité de la situation dépasse les clivages politiques. Nous proposons la création d'un organe de travail élargi qui associe tous les groupes d’élus, les services de la ville concernés, des experts, les associations sévriennes et les administrés dans des conditions à définir. Sa mission : contribuer à la conception d’un plan pour réduire notre consommation énergétique sur le long terme, atténuer notre empreinte et adapter la ville au réchauffement climatique. Une sorte de Convention Citoyenne Locale pour l’Énergie et le Climat. Dans une situation inédite les experts en place n'ont pas toutes les réponses. D'autres pistes doivent être explorées. Les contributions doivent être favorisées. Et surtout, les Sévriens ont le droit de savoir comment les crises énergétiques et climatiques vont affecter l’avenir de leur ville et être activement impliqués dans le choix des solutions.


*** Nos craintes étaient fondées : dans le Sévrien de février 2023, la municipalité annonce que la facture annuelle d'énergie de la ville dépassera les 2,6 M€ en 2023 !

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